La Syrie et l’axe des «droits-de-l’hommistes»

Banc Public n° 270 , Octobre 2018 , Frank FURET



"Il n’y a aucun doute de l’existence d’horribles tortures dans les prisons syriennes.

Mais y aurait-il moins de tortures avec les «rebelles» au pouvoir ? » s’interroge Jean Bricmont. 

 

« Du peu que l'on sait de leur gestion des zones «libérées», il est permis d'en douter », estime-t-il. Différents groupes d'opposition armés recourent à des enlèvements, de la torture et des exécutions sommaires dans le nord de la Syrie, selon Amnesty International dans un rapport de 2016. Et certains groupes bénéficiaient du soutien des gouvernements du Qatar, de l'Arabie saoudite, de la Turquie et des Etats-Unis alors qu'ils violaient le droit international. Il faut parfois savoir terminer une guerre. Quelle alternative sérieuse peut-on espérer pour la Syrie, sinon la fin des hostilités et le début de la reconstruction?

 

Plus fondamentalement, questionne Bricmont, dans quelle guerre récente la torture n’est-elle pas utilisée? On peut penser aux Français en Algérie, ou aux Américains au Vietnam, en Afghanistan, ou en Irak. Les gouvernements en général ne torturent pas pour le plaisir, mais parce qu'ils y voient, à tort ou à raison, un moyen d’obtenir des informations qu’ils considèrent indispensables à la conduite de la guerre – il est évident que la torture est moralement condamnable même si elle est «efficace».

 

Or, toute la politique de l’ingérence promue par l’axe «droits-de-l’hommiste» n’a fait qu’encourager les guerres «humanitaires», soit directement (Libye),  soit par armement des rebelles (Syrie). Renverser un méchant dictateur en utilisant toute notre force militaire ou économique en se disant que tout ira mieux, c'est faire fi du fait que le dictateur en question peut jouir d'un important soutien populaire et du fait que les rebelles peuvent se retourner contre leurs bienfaiteurs qui, à leur yeux, n'en font jamais assez (comme en Afghanistan ou en Libye).

 

Le chaos engendré par la guerre peut créer des situations encore pires qu'avant (Irak, Libye, Syrie ). Pour la «sauver» du dictateur, on plonge toute une population dans la guerre civile. D'autres pays peuvent de plus s'opposer à la politique d'ingérence occidentale (Russie et Iran en Syrie), ce qui entraîne une multiplication des conflits. La politique d'ingérence amène à diaboliser les dirigeants de ces pays, exercice dans lequel excelle, pour Jean Bricmont, l’axe «droits-de-l’hommiste», ce qui rend toute véritable diplomatie impossible car « on ne parle pas avec le diable ».

 

Si l'on veut réellement défendre les droits de l’homme, alors il faudrait d’abord apaiser les conflits, ralentir la course aux armements et soutenir des solutions politiques négociées, ce qui suppose cesser d'opposer le Bien (nous) et le Mal (le reste du monde), conclut Jean Bricmont.

Frank FURET

     
 

Biblio, sources...

"La Syrie et l’axe des «droits-de-l’hommistes»", Jean Bricmont, RT (Russia Today)France, 23/08/2018

 
     

     
 
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